Comme ils titubent
© Julie Trémouilhe
Laisse leur puanteur se coller à d’autres corps. Préserve le tien. Pour le plaisir. Expose, nue, ce qui te façonne. Fascine. Laisse-les dire : « Pour qui te prends-tu ? ». Réponds : « Tu ignores mon nom mais cette peau te hante déjà. ». Gèle-les de ton souffle chaud. Dresse-les au garde-à-vous puis souffle sur leurs glands défaits. Déconcerte. Vois comme ils tournent. Comme ils titubent. Leurs corps fatigués par l’énergie du tien. Tends-leur la pomme. Qu’ils croquent seulement. Qu’ils assument enfin. Ils voulaient dévorer. Ils se seraient roulés nus comme vers dans le fruit défendu jusqu’à en faire de la compote. Qu’ils avouent qu’aucune de nous n’est née de leurs côtes. Ils sont sortis de ton utérus, par ton vagin visqueux. Ton sexe sublime. Englués dans ta matière, ils t’ont goûtée avant le premier cri. Dis-leur : « Tu ignores mon nom mais cette peau te hante déjà ».